RJC : Diamonds are pure forever

Aujourd’hui ne pas être certifié RJC (Responsible Jewellery Council) pour un diamantaire ou un joaillier peut avoir des impacts majeurs pour son image. Certaines grandes maisons de la place Vendôme iraient même jusqu’à refuser de traiter avec des fournisseurs non certifiés. Une labellisation qui soulève quelques questions…

A l’heure actuelle, de plus en plus de structures de l’industrie du diamant sont certifiées RJC (Responsible Jewellery Council). Non que cela soit obligatoire, mais fortement recommandé. La labellisation de l’approvisionnement de l’or et du platine est en projet. La certification RJC exige de la part des entreprises un investissement et généralement une réorganisation du travail, une mise en place de procédures. Neuf mois de travail ont été nécessaires pour réaliser la certification de Van Cleef & Arpels (50e à être certifié). Du temps, de l’argent, des moyens matériels que toutes les entreprises ne sont pas forcément à même de s’offrir. Parlons de la trentaine d’ateliers de haute joaillerie sur Paris qui emploient entre 3 et 20 personnes. Ils représentent un maillon indispensable du secteur. Ils sont là, possèdent des joailliers de talent, permettent aux grandes enseignes de passer les coups de surcharge… et en temps de crise, sont les premiers touchés. Par ailleurs, ils n’ont pas les moyens ou le temps de s’offrir une telle labellisation…

Le RJC (Responsible Jewellery Council) est une démarche de certification exigeante qui comporte de très nombreux domaines (anti-blanchiment d’argent, conditions de travail des salariés, processus d’achat des pierres, respect de l’environnement, etc.). Les membres inscrits au RJC disposent d’un délai de 3 ans pour se mettre en conformité avec les critères exigés avant d’être certifiés RJC.
Pour accompagner une grande maison dans son processus de certification, je vais devoir m’assurer qu’il existe des procédures à chaque étape de la chaîne et quadriller l’ensemble des services (finance, achat, vente, production, communication…). Pour exemple,

  • au sein des boutiques : limitation du paiement en espèces ; capacité à renseigner le client final sur la provenance du diamant ; politique de sensibilisation au Kimberley Process…
  • au niveau des ateliers et des manufactures : correcte utilisation des équipements de protection individuels (EPI), stockage et recyclage des déchets chimiques,  
  • au niveau des prestataires et des fournisseurs : visite de sensibilisation et de formation pour les inciter à respecter les normes RJC et si possible, être certifié RJC.
  • au niveau des processus d’achat des diamants : respect du Kimberley Process, existence d’une politique d’achats des diamants,
  • au niveau de la communication : éco-gestes (papiers, emballages, transport, réunion), sensibilisation des clients et consommateurs au RJC…

Toujours pour accompagner une Maison dans son process de certification, je vais construire l’ensemble du questionnaire d’auto-évaluation pendant une dizaine de jours (selon la taille de l’entité) et identifier les actions correctives nécessaires à remédier avant l’audit final. Lors d’un audit, il est fréquent de révéler quelques non-conformités mineures qui devront être améliorées dans l’année à venir. La majorité des entreprises françaises du secteur appliquent de facto certains thèmes du RJC comme les conditions de travail (code du Travail) ou sont sensibilisées sur les défis environnementaux (Grenelle de l’environnement). En revanche, le point le plus délicat reste l’approvisionnement en diamants. Aujourd’hui, établir la traçabilité des diamants de la mine à la boutique reste encore très difficile malgré la mise en place du Kimberley Process. L’audit ne porte que sur les fournisseurs de rang 1. Tout le processus repose sur une confiance et une implication de chaque acteur comme nous le montre l’article de Christophe l’Hoir, directeur administratif de Rubel & Ménasché. Selon moi, le RJC ne puise sa force et sa raison d’être que dans la velléité de l’entreprise, à savoir, veut-elle ou non établir des règles qui garantissent un minimum d’éthique et veut-elle inclure tous les maillons de sa chaine ?

En savoir plus

Le site du RJC (Responsible Jewellery Council)

Le site du Kimberley Process

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